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L'HISTOIRE RECENTE DE L'ACADEMIE

 

Le discours du Secrétaire Perpétuel lors de la séance de clôture de l'année académique équivaut dans les statuts de l'Académie au " Rapport moral " des Associations ordinaires

 

Il est donc utile de réunir ces discours sous une même rubrique  " Histoire récente "

 

 

 

SEANCE DE CLÔTURE DE L’ANNEE 2019-2020

LOURMARIN : 17 octobre 2019

 

Monsieur le Président,

Chères consœurs, chers confrères,

Mesdames, Messieurs,

 

Oui, le vent mauvais s’est un peu assagi, mais il est toujours présent. Nous avons plié le dos dans une longue attente et les éléments se sont un peu calmés. La route de la soie, un joli nom pour transporter un virus venant de Chine ! Lors des guerres de 1870-71, 1914-1918 et 1939-1945 l’Académie s’est fait un honneur de maintenir ses séances, là il en fut autrement. Il fallait une véritable ligne Maginot devant un ennemi invisible. Ce fut le confinement.

Notre premier contact avec le virus fut fin janvier, lorsque notre confrère Ogura m’a prévenu que son Université lui déconseillait vivement de quitter le Japon. Heureusement son absence du 9 mars nous valut une intervention de notre consœur Nicole Horassius-Jarrié faite avec le sourire.  Alors, le Bureau, suivant les instructions officielles concernant la liberté d’aller et venir, dès le 13 mars, a suspendu les séances hebdomadaires, a fermé le musée et la bibliothèque patrimoniale. Le personnel a pris une vitesse de croisière selon son statut. Nous étions des personnes à risques, comme il fut dit, nous avons suivi les conseils d’isolement.

Mais vous êtes là aujourd’hui. Si nous étions dans des temps anciens, mais aussi actuels, nous pourrions nous demander à laquelle des trois saintes qu’abrite notre musée : Marthe, Consorce, Marie-Madeleine, il faut adresser une reconnaissance.

L’année académique 2019-2020 avait commencé comme toutes les années : rentrée le 5 novembre avec le traditionnel hommage au mausolée de l’Académie, la séance de rentrée ses élections et le pot convivial. Le Bureau a été renouvelé : Jean-Pierre Centi élu Président en remplacement de Jean-Jacques Lecomte, arrivé en fin de mandat, qui devenait premier vice-président. Bernard Mille élu second vice-président, Bertrand Morard trésorier adjoint, Marie-Clotilde Escalle secrétaire de séance et Madeleine Com secrétaire - adjoint. Les autres membres du Bureau n’étaient pas soumis à réélection : Jean-Marc Jarry, trésorier, Jean Bonnoit archiviste, Dominique Mazel conservatrice de la bibliothèque patrimoniale, Bernard Terlay conservateur du musée, Jean-Luc Kieffer secrétaire perpétuel. Les commissions habituelles furent reconduites, parfois avec de nouveaux membres. Deux groupes de travail furent mis en place : un groupe maintenance pour les travaux courants et un groupe de communication externe chargé de promouvoir le rayonnement de l’Académie. Le Bureau remercie vivement l’ensemble de tous les participants qui donne de leur temps pour la vie de l’Académie.

Enfin de nouvelles élections de membres se sont déroulées en février-mars. Madame Marie-Jeanne Coutagne et Monsieur Jacques Maleyran ont été élus titulaires, la première au fauteuil de Maurice Bernard devenu honoraire, le second au fauteuil de Franck Lapeyrère. Les réceptions se feront en 2021. De nouveaux associés entrent à l’Académie : Madame Marie-Madeleine Lapeyrère, Messieurs Christian Dureuil, Emmanuel de Foresta, Jean-Paul Kieffer, Pierre Taudou. Leur entrée à l’Académie a été retardée à la suite des mesures sanitaires.

Le 3 mars s’est tenu la séance solennelle de réception du professeur Jean-Louis Charlet, élu titulaire l’an passé. Il fit un éloge remarqué de son prédécesseur, le Docteur Michel Horassius. Notre confrère et ancien président Albert Giraud l’a accueilli au 23e fauteuil. Les Lettres hebdomadaires du 3 et 10 mars rappellent l’événement. Celle du 10 mars présente les titres de Madame de Saint-Pulgent qui nous a fait l’honneur d’accepter de devenir membre d’honneur de notre compagnie. Lors de sa visite de notre hôtel, le Bureau lui a exprimé sa profonde reconnaissance.

Nous avons été attristés par le décès de plusieurs de nos confrères ; André Martel, membre honoraire, Maurice Bernard, membre honoraire, Jean-Philippe Ravoux, membre associé et Marc Fumaroli, membre de l’Académie française et membre d’Honneur de notre Compagnie. Il avait fait partie du Comité d’Honneur lors des manifestations autour du bicentenaire de la « re-création » de notre Académie. Le mot est du président Roger Bout, dans la préface du Bulletin 2008-2009. Marc Fumaroli avait fait une conférence au théâtre du Jeu de paume.

Le 5 octobre, l’Académie a vécu une belle cérémonie : la remise de la médaille de chevalier dans l’Ordre national du Mérite à notre ancien président Max Michelard, sur le contingent du Premier ministre. Sa famille était présente, un grand nombre de consœurs et confrères remplissait la salle. Le Président Jean-Jacques Lecomte rappela les mérites professionnels et académiques du récipiendaire, le secrétaire perpétuel, commandeur dans l’Ordre national du Mérite, lui agrafa l’insigne selon le protocole, puis Max Michelard, très ému, prit la parole, toute l’assistance a frissonné lorsqu’une de ses petites filles est venue le soutenir.

 

Cette année 15 séances seulement sur les 25 habituelles, une pour la rentrée, une de réception et 13 communications. Comme souvent c’est l’éclectisme qui l’emporte avec une petite majorité pour l’histoire générale et locale.

Nous avons été conviés à entendre une présentation de la guerre et la paix au début du second millénaire puis avons abordé l’Empire romain d’occident, l’Église et l’assimilation des Barbares (IVe - IX siècle), nous avons suivi les multiples vies de Pellegrino Rossi (1737-1848), enfin, localement il nous fut rappelé qu’avant l’Aixpress il y eu le tramway et que le festival d’Aix est né après la guerre. Des communications sur la peinture, la littérature, la philosophie : Armand Lunel et les peintres, Albert Camus dialogue avec les peintres : Klein, Balthus, Masson, Picasso, Cézanne, Piero della Francesca, Giotto, puis Maurice Blondel (1861-1949), l’exigence pour l’homme. Enfin des pièces uniques : les exoplanètes, le retour en force du protectionnisme : quid des leçons de l’histoire ? La Chine en 2020, et de quelques réflexions à propos de la bioéthique. Hors communication il nous fut apporté une réflexion sur l’Académie et l’informatique. Nous avons terminé, le 9 mars, sur le sourire, tout un programme.

Le Bureau a tenu plusieurs réunions en visioconférence et a créé un lien nouveau entre les membres : Les Échos de l’Académie qui est à sa 10e parution. Un grand merci à ceux qui contribuent aux articles, et, surtout, à la petite équipe qui le met en forme et le transmet, nos confrères Pierre Nalin et Frédéric Couffy. Cette publication a connu un grand succès, elle a maintenu les liens entre les Académiciens, elle nous a valu un article dans La Provence ! Elle ne fait pas double emploi avec La Lettre de l’Académie. Celle-ci, en revanche, ne compta que 17 numéros alors qu’en année pleine c’est entre 25 et 28.

Le maire de Bouc-Bel-Air nous a remerciés pour notre prêt d’objets exposés lors d’une fête qui a été, dit-il, un succès.

Cette année, plusieurs de nos confrères ont publié : Albert Giraud : Le banquet provençal et nissart, Nadine Labory  a dirigé : Armand Lunel, un enchanteur et son imagerie, Françoise Gallo : Fortuna, Jean-Louis Charrière : La démolition du palais comtal d’Aix-en-Provence,  Norbert Rouland : Retour du Brésil. Impression d’un juriste anthropologue français, plus ancien.

Amélie Ferrigno, notre bibliothécaire, a été couronnée par l’Académie de Marseille, prix du Dr Charles Toinou, pour sa thèse : Le peintre et son modèle. Raphaël et Agosti

À l’initiative de Bernard Guastalla se met en place un travail de longue haleine : un dictionnaire des Aixois célèbres. Il a réuni une petite équipe de consœurs et confrères chargés chacun d’un thème : peinture, justice, armée, etc. Ils ont déjà entamé leurs recherches. Elles commencent à Sextius Calvinus et ne portent pas sur les vivants actuels.

Merci à nos consœurs et confrères qui ont bien voulu reporter leur intervention en 2020-21, allégeant ainsi mes soucis de secrétaire perpétuel.

Place à l’éloge de la Vertu et à la remise des prix. Il en manque, cette année, mais la commission a bien travaillé.

Merci et à la très prochaine rentrée.

 

Jean-Luc Kieffer

 

 

 

 

LOURMARIN - Clôture 2018-2019

 

Monsieur le Président,

Chères consœurs, chers confrères,

Mesdames, Messieurs

 

Il y a cent ans, le 11 juin 1919, en rendant compte de la 99e séance publique, le bulletin de l’époque écrit : « Une foule nombreuse avait envahi, bien avant l’heure, la coquette salle des Fêtes du Musée Arbaud, décorée si artistement de peintures anciennes et de faïences de Moustiers. Une place d’honneur avait été réservée aux autorités, aux notabilités de la ville et à un grand nombre de dames ». Il y avait aussi les lauréats des prix et leur famille. En 1919, l’Académie, fidèle à sa fonction caritative, décernait des prix de vertu et des pensions : le prix Rambot, attribué à un jeune marin ayant sauvé des vies lors du torpillage du Provence en 1916, le prix Reynier , attribué à plusieurs femmes, mères de famille nombreuse et sans ressource, le prix Rayon, le prix Chambaud, les pensions ouvrières Irma Moreau, Joséphine Veret, Henri Bourdellet, ces prix étaient attachés à des fondations d’Aixois ayant choisi l’Académie pour pérenniser leur sens du partage. Un rapporteur étudie les dossiers et fait des propositions. Cela devait faire une belle assistance.

Le Président Paul Bagarry prend la parole pour disserter sur le Barreau aixois. Pas un mot sur la guerre, les négociations du Traité de Versailles se terminent, il sera signé le 28 juin.

La coquette salle des fêtes, c’est la salle actuelle des séances hebdomadaires il est possible de se demander si l’auteur n’a pas enjolivé les choses, exagéré le nombre des présents.  La première séance publique à l’hôtel Arbaud fut le 5 juin 1915, le Président Raymond Bonafous explique que c’est la guerre qui impose ce choix afin « d’éviter tout ce qui, même de loin, aurait pu avoir quelque apparence de fête ».

Aujourd’hui, 11 juin 2019, je salue les présents sans oublier les dames, sans doute en moins grand nombre, mais je fais remarquer que de nos jours, parmi les dames, plusieurs sont des académiciennes.

Le bilan d’une année académique apporte son lot d’habitudes et de surprises.

Dès novembre, comme chaque année depuis la présidence d’Albert Giraud, nous nous sommes placés devant le souvenir des anciens académiciens en déposant une gerbe au monument de l’Académie au cimetière Saint-Pierre. Je reprends une citation de Jean d’Ormesson retenue par la famille de notre confrère Frank Lapeyrere lors de ses obsèques : «  Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants ». Ce dépôt n’est pas un rituel, mais un rite, c’est-à-dire un geste fort qui actualise le passé, engage l’avenir, assure la continuité et apporte la confiance pour la suite. L’après-midi, c’est la première réunion annuelle, statutaire, là on est dans le rituel, consacrée à l’élection du nouveau Bureau, c’est le précédent qui est reconduit à une exception près. Jean-Jacques Lecomte entame sa seconde année de présidence, Bernard Mille et Jean-Pierre Centi vice-présidents, Jean-Marc Jarry, trésorier, mais avec un nouvel adjoint Bertrand Morard, Jean Bonnoit reste archiviste, de même nos deux conservateurs Bernard Terlay pour le musée et Madame Dominique Mazel pour la bibliothèque patrimoniale et nos deux secrétaires de séance Marie-Clotilde Escalle et Madeleine Com, Jean-Luc Kieffer, perpétuel, est toujours secrétaire. Un grand merci à Dominique Mautin qui s’est longuement débattu avec les dossiers de subventions et qui laisse la place de trésorier adjoint. Le Président reprend ses fonctions, annonce la nouvelle année académique et le pot convivial de rentrée qui réunit les académiciens, les conjoints et les invités.

En mars, nous avons appris le décès de Madame Henriette Krotoff, membre associé honoraire. Cette année ne s’est pas terminée sans triste nouvelle, hélas, puisqu’un de nos confrères, Franck Lapeyrere, est décédé ces derniers jours. Nous fûmes assez nombreux à entendre le Président évoquer sa carrière académique, mais aussi une amitié, lors des obsèques.

Trois nouveaux académiciens ont été reçus : Jean-Claude Gautron, succédant à Maurice Flory, honoraire, il n’avait pas d’éloge à faire. Il a choisi d’évoquer la pensée d’un de ses anciens professeurs de Droit de la faculté de Bordeaux, Jacques Ellul, analyste reconnu et parfois prophétique, François d’Izarny-Gargas lui a répondu. Madame Élisabeth Marchessaux a fait l’éloge de Madame Lucienne Vincent en mettant en valeur son œuvre poétique, Jean-Luc Kieffer lui a répondu. Bertrand Morard a fait l’éloge du médecin-général-inspecteur Louis-Jean André, insistant sur sa très riche carrière de médecin spécialiste de médecine tropicale et son travail académique, Bernard Mille lui a répondu. En 2020, Jean-Louis Charlet, élu titulaire, prononcera son discours de réception. Nous comptons trois nouveaux membres associés : Jean-Yves Naudet, Michel de Boisgelin et Bernard Pascuito, et trois nouveaux membres correspondants : Patrick Boulanger, Bernard Fasbender et Emmanuel de Saboulin-Bolena. Leur présentation est parue dans la Lettre hebdomadaire, n° 10, n° 11, n° 12.

Habituellement les remerciements viennent en fin de discours, je souhaite les placer au centre de cette intervention. Le Bureau tient à remercier très vivement l’équipe, souvent réduite, qui a pris en charge La Lettre hebdomadaire, devenue un lien essentiel entre nous. Merci à son responsable Frédéric Couffy. Merci aux membres des différentes commissions pour leur engagement. Merci au confrère dévoué qui tient notre site à jour (academiedaix.fr). Merci à notre confrère Pierre Nalin qui, avec notre technicien, a pris en charge l’installation de la Wifi dans un hôtel particulier peu disponible.   Merci à celles et à ceux qui travaillent au classement des archives et à ceux qui ont continué la tradition des dons à l’Académie récemment réactivée, nous avons reçu des livres anciens, des œuvres d’artistes chinois et japonais, un lot important de gravures et de documents sur la Provence. En mon nom personnel, je tiens à remercier toutes les consœurs et tous les confrères qui me facilitent la tâche en me proposant de futurs sujets de communication, ce qui me permet d’annoncer que les programmes des 1er et 2e trimestres 2019-2020 sont pratiquement prêts. Il y a des places pour le troisième !

La richesse intellectuelle de l’Académie repose dans les communications, dont les auteurs, dans l’ensemble, respectent le temps imparti. Cette année nous avons tenu vingt-six séances, dont trois pour les réceptions et deux statutaires, soit vingt et une communications. Les thèmes historiques demeurent en tête, mais de peu, six sur vingt et un, la majorité, nous le verrons, est très éclectique.

Nous avons dit adieu au sous-marin Minerve avec une précision à la seconde près, nous avons roulé, comme les officiers des États-majors et même le Président de la République, pendant la guerre de 1914-1918, dans des automobiles d’un constructeur français, l’entreprise Sizaire, nous avons suivi la rédaction d’un livre d’histoire diplomatique aux participations plurielles : Giraud, Guizot et même Louis-Philippe, concernant les conséquences du Traité d’Utrecht , ces deux interventions faites par des descendants directs des acteurs, je précise cependant pour la seconde qu’il s’agit de Giraud, ancien président de l’Académie et ministre. Nous avons appris qu’il a fallu attendre le XVIIIe siècle pour avoir une chance de survivre en cas de noyade, nous avons suivi la lente ascension des femmes dans les études médicales. L’histoire locale nous a fait découvrir les fouilles du Palais comtal, la rivalité entre Aix et Marseille pour la possession d’un atelier monétaire, nous nous sommes attablés devant la gastronomie aixoise et ses ressources locales. Saint Benoit Labre relève bien de l’histoire locale, mais la famille Bellon est plutôt liée à la médecine.

Les lettres et les arts nous conduisent des exempla médiévaux à Mellan dessinant Peiresc âgé, puis à Saint-Exupéry et à Julien Green. L’économie nous offre une généalogie pour le dollar américain, une réflexion sur les monnaies virtuelles, une approche des problèmes posés par la religion dans l’entreprise. Nous avons frémi devant les monstres en médecine, aiguisé notre curiosité à propos des affections et afflictions digestives dans la Bible. La justice s’occupa du troisième sexe. Je termine par un vœu singulier : « Donnez-nous notre pain quotidien et, de temps en temps, une inondation », réflexion écologique aux résonnances contemporaines, sur la défense contre la mer aux Pays-Bas. Cela fait vingt séances et la vingt et unième réserve une nouveauté. Le Bureau, sensible à plusieurs suggestions qui déploraient le manque d’éloge pour les membres honoraires décédés, a décidé de réserver une séance à leur mémoire. C’est ainsi que Jean Vaudour et André Bailly ont été évoqués lors de la séance du 7 mai. À cette même date, Max Michelard nous a fait un point sur la fondation de Lourmarin, soulignant le travail de celles et ceux qui s’y consacrent et souhaitant que beaucoup d’académiciens adhèrent aux Amis de Lourmarin, association qui soutient la Fondation.

L’anniversaire du 11 novembre a été l’occasion de mobiliser les Académiciens, d’abord lors d’une journée au château de Lourmarin puis pour répondre à une demande de la commune d’Eguilles qui, avec l’appui du Conseil départemental, souhaitait organiser une commémoration audiovisuelle. Le général Jouishomme et moi-même avons fourni le scénario. Les autorités municipales ont remercié l’Académie en soulignant le succès de cette manifestation.

Nous avons participé au colloque annuel de la Conférence nationale des Académies organisé, cette année, par l’Académie d’Alsace. Un colloque plutôt dense avec une réception dans les murs de l’Université Marc Bloch de Strasbourg, une visite éprouvante au Mémorial de Schirmeck, lié à l’occupation allemande lors de la Seconde Guerre mondiale, très voisin du camp de concentration du Struthof. Quelque temps après eut lieu l’attentat de Strasbourg, l’Académie d’Alsace a remercié de notre témoignage de soutien.

En octobre s’est tenu La Journée de l’Académie au château de Lourmarin avec pour thème : les senteurs et fragrances provençales. Merci à l’équipe organisatrice pour cette belle et riche manifestation, merci aux académiciens intervenants qui nous ont mis au parfum ! Après Tout autour du vin en 2015, Tout autour de l’olivier en 2016, la Renaissance en Provence en 2017, les Senteurs et Fragrances en 2018, en 2019 viendra La Provence, terre de couleurs. En aurons-nous fini avec les ressources provençales ?

Sur une initiative de notre confrère Henry de Lander, Bernard Mille a organisé rapidement un voyage au musée de Quinson, œuvre de l’architecte Norman Foster, où l’Académie fut accueillie par Monsieur Henry de Lumley venu spécialement de Paris, membre d’honneur de notre Compagnie et éminent paléontologue. Cette visite fut complétée par celle du musée des faïences de Varages. Vous pouvez lire le compte-rendu de ce voyage sur notre site. (academiedaix.fr).

La bibliothèque patrimoniale a retrouvé ses activités, Gaëlle Neuser et Amélie Ferrigno assurent l’accueil des chercheurs, les réponses aux nombreuses demandes numériques, aux prêts pour des expositions, ce qui vaut aussi pour le musée, le suivi du catalogage, les fonds les plus consultés, cette année : le fonds Mirabeau et le fonds Marcel Provence. Des demandes de subventions sont en cours pour le catalogage qui nécessite une aide extérieure, c’est un travail très méticuleux et nos richesses le méritent. Les cartons des couloirs disparaissent lentement, leur ouverture permet de faire de rares trouvailles comme cet incunable, connu, mais non localisé.

 Le musée est ouvert aux groupes dans les pièces visitables. Marie Janton les accueille sur rendez-vous. La réouverture totale n’est pas actuellement programmable, le cabinet d’architectes mandaté doit remettre ses propositions fin juin, le Bureau en prendra connaissance, rendra les arbitrages pour une rénovation pièce par pièce, après : tout dépendra des subventions accordées. Nous savons que la DRAC suit notre rénovation avec soin.

Vous êtes déjà au courant de la bonne nouvelle de l’obtention d’une subvention pour la restauration de la statue de Marie-Madeleine par les V.M.F., mais elle ne couvre pas l’ensemble du travail.

Cette année les Prix apportent deux innovations : la première, la sélection d’un ouvrage lié à un colloque, mais le sujet en valait la peine : Saint-Maximin et son couvent, la seconde, plus surprenante, concerne le prix d’Hippone, il est décerné, cette année, à une thèse, travail innovant et méticuleux, d’une étudiante italienne, rédigé en italien avec un avant-propos en français. Ceci est lié à une nouveauté universitaire qui ouvre les soutenances aux étudiants étrangers dans leur langue, avec un jury mixte, ici franco-italien.

Vous vous souvenez que Marc Fumaroli, membre d’honneur de notre Académie a été promu à la dignité de grand officier dans l’Ordre de la Légion d’honneur et j’ai le plaisir de vous annoncer que le Premier ministre vient de féliciter notre confrère Max Michelard pour sa nomination au grade de chevalier dans l’Ordre national du Mérite, Décrets du 29 mai 2019, Journal officiel du 30 mai 2019.

 Je peux, maintenant, laisser la place à notre confrère Jean-Claude Gautron pour l’éloge de la Vertu. Faut-il rappeler qu’en 1409 le pape Alexandre V, en confirmant la fondation de l’Université d’Aix par Louis II, comte de Provence, aurait dit à propos de notre ville : “Urbs eminens,abundans in virtutibus”, Cité éminente où les vertus abondent.

Merci pour votre attention.

 

                                                                                Jean-Luc Kieffer