ACADÉMIE

d'AIX  EN  PROVENCE

SORTIE  CHÂTEAU  DU  SEUIL

Visite au château du Seuil

07/12/2017

 

Des Académiciens aixois dignes de ce nom se doivent de respecter la mesure en toute chose c’est ce qu’ils se sont efforcés de réaliser Jeudi 7 décembre 2017, après-midi, en conjuguant une visite à caractère culturel avec la découverte d’un des fleurons de l’économie locale, assortie d’une dégustation des vins réputés que le Château du Seuil offre à sa clientèle. Cette riche expérience doit tout à l’initiative de notre consœur Agnès Daussun qui nous a fait l’honneur de son domaine et que nous remercions pour l’accueil si agréable qu’elle nous y a réservé de même que notre président Jean-Jacques Lecomte qui a favorisé la réalisation de ce projet assurant ainsi la réussite de cette sortie.

 

 Le Château nous a d’abord été présenté comme un trait d’union entre deux bâtiments antérieurs dont la construction à l’économie et progressive indique qu’il a été conçu comme une demeure secondaire au XVII° siècle. En effet la pierre de taille n’apparaît qu’aux encadrements des fenêtres et de la porte. L’un des membres de la famille d’origine italienne de Michaelis, qui fut propriétaire des lieux ayant tout de même, été anobli pour faits d’armes, par Louis XIV, un blason orné d’un bouclier et d’un lion sur pattes figure au-dessus de la porte. Des projets de rénovation sont en cours afin que les lieux puissent accueillir des manifestations et un musée de l’affiche ancienne.

 

Le jardin à la Française que dissimulent aux regards deux cèdres aux dimensions gigantesques est pourvu de structures de pierres d’origine, qui en délimitent les contours. De beaux gravillons rosés traditionnels marquent le cheminement rythmé par des plots ronds sur lesquels étaient disposés des pots plus faciles à arroser. Au centre, le bassin a longtemps souffert d’absence de matière première car malgré les trois puits du domaine, le jet d’eau central ne se manifestait qu’épisodiquement et en outre de façon poussive! Il s’agit d’un jardin clos, contrairement aux usages de l’époque, ce qui est justifié par la nécessité de se prémunir contre les expéditions musclées et imprévisibles des sangliers assez habituelles dans ces parages immédiats de la Trévaresse. Il se dit d’ailleurs que le nom « Seuil » est une dénomination ancienne du mot « sanglier»!

 

 A l’heure actuelle et plus précisément à la belle saison, des broderies de buis encadrent roses, iris, sauges et thyms. Leur joli motif est repris dans le logo qui orne les étiquettes des bouteilles.

 

Le domaine agricole où la vigne domine depuis que la famille Carreau-Gaschereau l’avait introduite s’est vu adjoindre des plantations d’oliviers dans le but de produire de l’huile d’olives.

 

Sur les 62 ha de vignes que compte la propriété une dizaine a été arrachée pour permettre un renouvellement rendu nécessaire par le âge de certains ceps. Il est à noter que les sites plantés de vignes sont divers puisqu’ils franchissent même la Trévaresse vers Rognes et se glissent jusqu’à Saint Cannat, sage précaution en cas d’intempéries néfastes.

 

Les bâtiments affectés à l’activité vinicole ont été rénovés et de nouveaux bâtiments, de grande dimension, ont été construits pour accueillir les cuves et la boutique.

 

Judicieusement adossé à la chaîne de la Trévaresse, le bâtiment qui accueille les cuves en béton dispose d’un accès qui permet aux bennes de décharger directement les grains en les préservant dans leur intégrité.

 

La vingtaine de cuves en métal inoxydable sont formées d’un ou deux blocs et entourées d’une ceinture fort esthétique par la quelle est assurée une climatisation nécessaire pour les vins blancs et rosés.

 

3 pressoirs pneumatiques à la pression douce et progressive bien que leur forme soit massive traitent les raisins dont le jus est mis en barrique pour une partie des blancs et en cuve pour le reste. En revanche les rosés parcourent un circuit différent qui les conduit uniquement vers les cuves.

 

Le personnel qui assure le fonctionnement, si l’on excepte les intérimaires, s’élève à dix salariés permanents.

 

Nous avons ensuite pu admirer, sous un préau, tous les engins sagement alignés d’une propreté édifiante et dans un ordre impeccable.

 

Et notre circuit a pris fin devant la machine à vendanger qui enjambe la vigne, égraine les grappes et stocke les grains dans un réservoir. Pourvue de phares puissants elle permet aussi la vendange nocturne de raisins frais.

 

Nous fut ensuite ménagé un temps de dégustation dans une belle salle à l’étage du magasin.

 

M. Nicolas Touchard, directeur commercial, a mis en valeur les qualités du domaine où sont cultivés une bonne dizaine de cépages sur un terroir d’altitude car la chaîne de la Trévaresse avec sa forêt constitue un écosystème. Il nous informe de ce que, depuis 2016, s’est opérée une conversion à la culture biologique.

 

Il nous a d’abord présenté Le Grand Seuil qui est un vin blanc effervescent vinifié selon la méthode champenoise dont le domaine produit environ 2500 bouteilles.

 

Ce fut ensuite le tour du Seuil blanc, vin minéral s’accommodant fort bien de fruits de mer, poissons et salades.

 

 Puis nous avons dégusté le rosé dont le jus des raisins rouges Cinsault, Grenache, Syrah qui le produisent n’est pas laissé très longtemps au contact de leur peau pour éviter une coloration trop forte. Il est produit à  4000 exemplaires.

 

Vint enfin le tour du Grand Seuil Rouge de 2013, composé de Cabernet Sauvignon, de Grenache et de Syrah, il est élevé en barriques. Après le fouloir, il passe 20 jours dans la cuve pour favoriser sa fermentation puis plusieurs mois en fûts avant l’assemblage et la mise en bouteille. Il peut se garder 15 ans. Le magnum lui assure une meilleure conservation.

 

Des toasts à l’entracte ont permis une petite pause appréciée.

 

Ce bel après-midi s’est conclu par un petit mot de notre président exprimant la reconnaissance de tous les académiciens présents et ils étaient nombreux, à notre consœur qui nous avait si bien reçus.

 

 

    Bernard MILLE