ACADÉMIE

des Sciences, Agriculture,

Art et Belles-lettres

d'AIX

SORTIE  LE  PLANETARIUM  LE  6  JUIN  2016

  Lundi 6 Juin 2016, à 14h 30, les Académiciens répondaient à l’invitation du président fondateur du Planétarium d’Aix, notre confrère Philippe Malburet.

 

 Ils ont apprécié de se trouver sous « la coupole », à l’image de leurs consœurs et confrères parisiens, comme le leur révélait une petite affiche placée à l’entrée, même si les consignes accompagnant cette bonne nouvelle interdisaient soda, biscuit et chewing-gum! Petites douceurs dont leur dignité les incite à se passer désormais sans trop de conséquences!

 

Accueillis chaleureusement, ils ont pris place dans des sièges confortables qui eurent immédiatement un effet positif sur l’ensemble des 25 présents dont certains auraient pu être tentés par une sieste réparatrice, après une année d’intense activité académique. Mais le professeur veillait et avec cette pédagogie naturelle de l’enseignant chevronné, il nous a introduits dans l’univers interstellaire qu’il maîtrise sereinement.

 

Nous n’avons pas été étonnés d’apprendre que ce planétarium était le fruit d’une longue persévérance puisque l’association qui le gère fut fondée en 1989, que le premier planétarium a vu le jour en 2002 et que celui-ci a été ouvert il y a deux ans. Tout serait parfait si était enfin livré le très attendu projecteur opto-mécanique! Il fut bon d’entendre que le diamètre de ce planétarium était de 8m alors que le plus proche, celui de la ville qui fut choisie comme métropole n’est que de 6m… quels sont les meilleurs ?

 

La démarche que nous allions accomplir consistait à entendre le commentaire du « ciel de ce soir ». Le cadre posé nous était familier  puisqu’il s’agissait de la ville d’Aix, photographiée depuis le toit du lycée Vauvenargues. Le soleil fut un peu récalcitrant, se figeant désespérément et faillit mettre un terme à l’expérience…mais soudain, la situation fut récupérée et la projection, en pleine voute permettait, d’admirer le ciel qui progressivement se piquait d’étoiles. Notre confrère nous révélait alors étoile polaire, grande et petite ourses, Cassiopée. Soudain la poussière et les gaz envahissaient l’écran…bientôt suivis par la représentation des divers animaux que l’imagination humaine a cru reconnaître derrière ces ensembles lumineux. Et l’on apprit que les Provençaux se prêtaient aussi aux interprétations appelant « les rois mages » ce que, dans d’autres régions, on dénomme : « le baudrier d’Orion ». A propos, un hommage fut rendu à notre grand Aixois Peiresc, manuscrit à l’appui, car ne lui échappèrent point les nébuleuses d’Orion.

 

Le titre « De la terre à la lune » de Jules Verne, clin d’œil littéraire, apparut sous nos yeux pour rappeler que la quête des étoiles est une préoccupation de l’humanité à laquelle les Lettres ne pouvaient être étrangères. De la littérature nous sommes passés progressivement au cinéma avec « voyage dans la lune » de Georges Meliès, comme si l’imagination pouvait prendre forme. Le passage à l’acte en 1969, avec l’épopée d’Amstrong, Colin et Aldrin, et la pérégrination sur la lune a ravivé des souvenirs émouvants !

Clou du spectacle, ajouté pour l’Académie, les aurores boréales, ces particules issues du soleil, se drapaient sur nos têtes.

 

Aux questions que ne manquèrent pas de poser quelques académiciens furent apportées des réponses précises. Par exemple, nous savons maintenant que l’expérience Rosetta ne fut pas un échec même si Philaé a failli à sa tâche, qu’autrefois on observait les planètes tandis que désormais, on constate les effets qu’elles provoquent sur toute étoile autour de laquelle elles gravitent, que l’eau ne vient pas des Comètes enfin qu’il a toujours fait bon vivre en Provence puisqu’au passage de Mercure (qui «transite » aux États–Unis alors qu’elle « passe » chez nous…) notre compatriote Peiresc mangeait de bon appétit, en oubliant l’évènement, tandis que Gassendi, à Paris, n’a pas laissé échapper ce moment fugitif.

 

Il revenait au président d’adresser les remerciements de l’Académie à notre confrère qui nous avait si bien guidés dans les étoiles sans égarer personne.

 

B.M.