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Discours du Président Jean-Pierre CENTI,

prononcé lors de la séance au cours de laquelle il a été élu président de l'Académie

 

Chères Consœurs et Chers Confrères,

 

C’est avec beaucoup d’émotion que je prends aujourd’hui les fonctions de président de l’Académie des Sciences, Agriculture, Arts et Belles Lettres d’Aix-en-Provence. En cette séance statutaire et solennelle de rentrée, c’est un honneur que d’inaugurer mon mandat en m’adressant à ce titre et pour la première fois à notre Compagnie.

Il me revient tout d’abord de remercier l’ensemble des consœurs et confrères. Par vos suffrages, vous m’avez accordé votre confiance et je mesure aussitôt toute la responsabilité qui m’incombe. La tâche qui m’attend est exaltante. Le rôle de l’Académie ne s’inscrit-il pas en effet dans la vie de notre Pays d’Aix, dans l’histoire et l’éclat de la Provence, dans le témoignage et la transmission, et par conséquent aussi dans la préparation de l’avenir.

En cet instant particulièrement marquant pour moi, je dois rendre hommage à mon parrain Roger Bout dont j’occupe de surcroît le fauteuil, le vingtième. Lorsqu’en 2012 Roger Bout m’ouvrit les portes de l’Académie, je pris conscience que fréquenter un tel lieu où sont imbriquées culture et courtoisie, où j’ai pu faire tant de rencontres chaleureuses et incomparablement riches, c’était déjà accéder à une forme de privilège. Roger Bout fut président de notre Académie et je songe immédiatement à tous les présidents qui m’ont précédé, aux grands anciens comme aux plus récents. Forcément alors, la question me vient à l’esprit : serais-je à la hauteur, en serais-je digne ? Comment ne pas penser aussi à nos consœurs et confrères qui nous ont quittés et ont laissé dans notre société les empreintes indélébiles de leur passage tout en confortant nos traditions.

À travers cet héritage noble et illustre que nous portons tous, l’on décèle ce « quelque chose de plus » que l’on ressent dans notre Académie et qui catalyse en quelque sorte la cohésion. À n’en pas douter, ce « quelque chose de plus » n’est autre chose que l’amitié. Il nous faut la préserver car, nous le savons, elle se forme dans l’action et se cultive par nos projets et réalisations. J’ai énormément appris auprès de mon prédécesseur immédiat, le président Jean-Jacques Lecomte, qui devient premier vice-président. Je luis rends ici hommage pour l’énergie et le dévouement dont il a fait preuve à la tête de l’Académie d’Aix au cours de ces deux dernières années et bien sûr pour les réalisations accomplies. Au-delà des préoccupations attenantes aux travaux de rénovation récents et à venir, je pense notamment aux témoignages de reconnaissance pour la première fois rendus aux membres honoraires disparus, ainsi qu’à la nouvelle version du site internet désormais actif et fort utile qui fut élaborée avec soin et expertise par notre confrère Jean-Claude Gautron.

Mes remerciements vont également à notre secrétaire perpétuel, Jean-Luc Kieffer, pour son engagement, son action, sa vigilance de tous les instants, son aménité et son soutien. Je ne saurais oublier mes autres proches prédécesseurs. Pour leur travail accompli, leur esprit constructif, leurs idées, leurs suggestions et leur bienveillance, je suis reconnaissant aux présidents Max Michelard, Jean Bonnoit et Bernard Mille qui a bien voulu accepter d’être à nouveau second vice-président. Tous trois, individuellement et collectivement, nous ont permis de fortifier notre institution et je m’inscrirai tout naturellement dans leur sillage. Je sais pouvoir compter sur leur expérience et leurs conseils.

Bien que mon parcours professionnel et personnel m’ait quelque peu préparé à exercer une telle responsabilité, je sais aussi que je serai épaulé par un Bureau expérimenté, rempli de talents, qui ressemblera beaucoup au précédent, et qui est au fait de toutes sortes de subtilités d’ordre technique, administratif, juridique et financier que nous pourrions rencontrer et que nous aurons inéluctablement à affronter. Je sais encore pouvoir prendre  appui sur les sept commissions organiques qui effectuent un travail formidable par lequel s’exprime la vitalité de notre Académie. Les communications lors de nos séances hebdomadaires et séances publiques de réception, si magnifiquement rassemblées dans notre Bulletin, sont une preuve supplémentaire de cette vitalité et de la richesse culturelle que nous représentons et exposons.

La culture a toujours été et sera toujours le socle, le fondement, de notre société. Les potentiels considérables que nous réunissons nous engagent à en être  aussi les promoteurs, au-delà d’en être les détenteurs. J’ai dit mon profond attachement à nos traditions, mais cela ne signifie pas pour autant enlisement dans une routine, fût-elle de bon aloi. Vous le savez, une première partie de travaux effectués dans notre résidence qu’est le musée archéologique et bibliographique Paul Arbaud a déjà contribué à la mise en valeur de notre patrimoine. Il nous faut continuer sur cette voie. Une seconde tranche de travaux de rénovation doit être menée dont la phase d’études préparatoires est sur le point de s’achever et sera bientôt soumise aux autorités compétentes. Beaucoup de démarches sont à mettre en œuvre pour pouvoir capter les ressources nécessaires à la restauration des somptueux décors, à la mise en conformité et l’attractivité de nos installations, à la modernisation des conditions de consultation, au récolement des œuvres abritées dans notre musée-bibliothèque, à la visibilité de notre Académie. Trouver et assembler les ressources à la mesure des ambitions de l’Académie est un véritable défi qu’il nous appartient de relever par un travail d’équipe et mobilisera toutes les bonnes volontés.

Ce faisant, le développement de notre Académie est l’objectif prioritaire que nous devons nous assigner. Il s’agit en effet de développer notre brillante image culturelle et de rayonner dans notre Pays d’Aix. J’ai toujours adhéré à l’idée que le développement a nécessairement une dimension qualitative, que le développement n’a de pertinence que par l’amélioration de la qualité de vie. C’est en ce sens que j’irai.

Qualité de vie en interne : En prononçant ces mots, j’ai une pensée pour les membres de notre Académie qui sont éprouvés par la maladie. Nous leur exprimons toute notre sympathie et notre soutien, ainsi qu’à leurs familles. Je reprends aussi les mots de Jean-Jacques Lecomte en assurant que nos conjoints sont naturellement les bienvenus et qu’ils sont ici chez eux. De même, il est vivement souhaité et souhaitable que des invités assistent à nos séances hebdomadaires. Améliorer les conditions de vie en interne c’est reconnaître et admettre que la courtoisie et la convivialité sont chevillées à nos coutumes : il faut tout faire pour faciliter notre présence, pour faciliter nos échanges qui sont sources d’idées et d’inspiration, tout faire pour faciliter l’expression de nos attentes.

Quant aux conditions de vie en externe, ce sont bien sûr nos sorties et excursions dont le principe sera ardemment maintenu, comme vous aurez bientôt l’occasion de le constater. Améliorer les conditions de vie en externe, c’est aussi donner un impact plus grand aux événements que nous créons et organisons, tels les prix que nous décernons, les publications, les colloques, les réceptions. C’est encore développer les relations avec les autres Académies dans notre région, en France à travers la CNA et à l’étranger où de nouveaux contacts sont déjà pris. Et pourquoi ne pas s’ouvrir les possibilités qu’offrent aujourd’hui des techniques telles que le financement dit participatif susceptible de correspondre à certains de nos investissements. Quoi qu’il en soit, il convient d’étoffer nos relations avec la presse et autres médias et que nous maîtrisions des techniques et outils de communication adaptés à nos besoins.

Chers Consœurs, cher Confrères, je prends cette fonction avec la conviction que nous disposons de tout le potentiel permettant de transformer nos aspirations en réalité. Je mettrai pour ma part de l’enthousiasme aux devoirs qui m’attendent envers l’Académie d’Aix. Dès la prochaine séance, deux interventions concernant respectivement le fonctionnement et la vie de notre société précéderont la conférence attendue. Mais dès à présent, pour manifester cet enthousiasme, je Vous convie au traditionnel pot de rentrée et Vous souhaite une bonne année académique.